LinkedIn·Wednesday, 26 August 2026·6h ago
Depuis quelques mois, Quentin revient de ses discussions bancaires avec le même constat : le second rang est devenu plus difficile à faire…
Pierre-Yves Pirlot
Co-founder of Ecco Nova — investment platform for the real economy (crowdlending) | energy, real estate, SMEs | FSMA-authorised (ECSP)
Depuis quelques mois, Quentin revient de ses discussions bancaires avec le même constat : le second rang est devenu plus difficile à faire accepter par les banques !
Ça peut sembler très technique. En réalité, ça change la façon dont une opération peut être structurée.
Je ne négocie pas ces conventions : Quentin et son équipe le font.
Même si ce sujet est abordé bien avant la mise en ligne d’une opération, il a un impact significatif sur son attractivité et la rapidité de levée de fonds, un aspect que je supervise avec notre équipe pour la distribution des offres.
Mais que faire si ce n'est pas possible d'obtenir ce second rang ? Le réflexe serait de compenser une sûreté plus faible par un taux plus élevé.
Ça ne marche que jusqu'à un certain point.
Plus le financement coûte cher, plus il pèse sur la marge de l'opération et sur ce que l'emprunteur peut supporter. Et ce qui fragilise l'opération finit aussi par revenir vers l'investisseur.
Il y a aussi un point technique qu'on explique rarement : un mandat hypothécaire n'est pas une hypothèque.
Tant qu'il n'est pas converti, il ne prend aucun rang.
La pratique courante, chez les banques comme chez nous, consiste à inscrire une partie du montant et à couvrir le reste par un mandat, notamment pour limiter les frais.
Un état hypothécaire ne donne donc qu'une image partielle : une partie parfois importante des montants peut rester couverte par des mandats qui, eux, n'ont pas de rang.
D'où l'importance de la convention de cession de rang.
Elle organise à l'avance la priorité à respecter si les mandats sont convertis et oblige les parties à se prévenir avant d'agir. Sans elle, la protection de nos investisseurs peut dépendre de l'ordre d'arrivée au bureau de sécurité juridique.
C'est plus lourd qu'avant à faire accepter. Mais expliqué et documenté, cela reste possible.
Et même bien cadré, un second rang reste un second rang : il ne couvre que ce qui reste après désintéressement du premier créancier. Il réduit une exposition, il ne la supprime pas.
C'est aussi ce que nous sommes allés regarder à Paris en juillet avec Quentin et François : comment un marché voisin traite ce besoin.
Nous y avons vu davantage d'unitranche. Pour l'emprunteur, une seule facilité remplace la superposition senior/junior et couvre une part plus large du financement.
Le contexte français est évidemment différent, mais il est instructif.
Certaines opérations demanderont davantage de fonds propres. D'autres devront être financées ou structurées autrement. Et certaines ne trouveront simplement plus leur équilibre.
Si vous structurez ce type de dossiers, je suis curieux de voir ce que vous observez.
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